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Le ballon solaire n’est pas mort mais est promis à un bel avenir

En début de 2019, plusieurs médias ont mentionné que les ventes de ballons solaires étaient en chute libre. On dénombrait encore près de 20.000 installations par an en 2013. L’année dernière, elles n’étaient plus que de 3.800. Le secteur en attribue la cause davantage au fait que les pouvoirs publics n’en font guère la promotion qu’à la faiblesse des primes. Le ballon solaire n’en est pas moins porteur d’avenir dans un monde converti à l’électrique.

" Un tel système peut être utilisé pour la production d’eau chaude sanitaire. Le liquide qui passe dans des panneaux solaires y capte de la chaleur qui est ensuite transférée à l’eau sanitaire via un échangeur de chaleur situé dans le ballon. Une deuxième utilisation est d’en faire un système d’appoint pour le chauffage de la maison. Dans ce cas, la chaleur du ballon solaire est également injectée dans le système de chauffage, habituellement pour du chauffage au sol"

Jan Deklerck - product manager Remeha nv


 
 

Ne le faites pas pour l’argent

Votre facture n’en subira guère le contre-coup. En particulier lorsque l’on parle de chauffage. Logique dans la mesure où il s’agit d’une “production inversée”. En hiver - lorsque vous avez le plus besoin de chaleur -, la production de chaleur et le rendement des collecteurs solaires sont au plus bas. En été - lorsque vos besoins en chaleur sont les moins élevés -, le rendement des collecteurs atteint son maximum. Les besoins ne sont ici couverts qu’à hauteur d’à peine 30%.

Le pourcentage est sensiblement plus élevé pour l’eau sanitaire: vous pouvez espérez couvrir jusqu’à 60% de votre consommation annuelle à l’aide d’un ballon solaire. Si l’on considère qu’un ménage moyen consomme environ 3.000 kWh de gaz pour produire de l’eau chaude (avec une chaudière à condensation), le prix qu’il paie chaque année - compte tenu du prix du gaz - est de 200 euros. Il pourra donc épargner au maximum 60% de ce coût (soit, en moyenne, 120 euros).

Quand on sait qu’une installation revient en moyenne à environ 6.000 euros et qu’il est possible de récupérer 40% de cette somme via des primes (avec un plafond maximal de 2.750 euros), la durée d’amortissement peut être longue. Il ne faut donc pas le faire pour de l’argent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les gens délaissent ce type d’équipement. Le Belge pense d’abord à son porte-monnaie, ensuite seulement à l’environnement.

Le scénario devient plus intéressant avec un boiler électrique. Lui aussi peut-être réchauffé à l’aide de la chaleur produite par un ballon solaire, ce qui permet d’économiser de l’électricité. Vous avez tout naturellement intérêt à générer de la chaleur à l’aide d’un ballon solaire plutôt qu’avec 3.000 kWh d’électricité

La hausse du prix du gaz servira-t-elle de déclencheur?

Un ballon solaire vous permet de consommer moins de kWh de gaz, ce qui se traduit par une réduction des émissions de CO2. Voilà qui contribue à atteindre les objectifs environnementaux. Mais comment les autorités publiques et le secteur peuvent-ils s’allier pour encourager les gens à investir malgré tout dans un ballon solaire? Une adaptation de la prime n’est pas à l’ordre du jour. Elle est d’ailleurs suffisamment élevée à mes yeux.

Les autorités publiques peuvent par contre diminuer le prix de l’électricité et augmenter légèrement celui du gaz - mais il s’agit là d’une mesure très impopulaire. Cela se justifierait toutefois parce que cela permettrait de taxer les combustibles fossiles davantage que l’“énergie verte” produite au départ de l’électricité. On ne parle ici que de l’électricité verte générée à l’aide de sources d’énergie durables telles que les panneaux photovoltaïques, les éoliennes ou les centrales hydroélectriques, alternatives aux traditionnelles centrales au charbon ou au gaz polluantes. Une telle adaptation des prix rendrait également des alternatives telles que les pompes à chaleur et les ballons solaires plus attractifs. Cela devrait également accentuer, à mon avis, le taux de remplacement des vieilles chaudières par des modèles à condensation. Ce qui nous permettrait d’accélérer sensiblement la diminution des émissions de CO2.

L’avenir est-il électrique?

L’efficacité énergétique de l’habitat progresse constamment et se plie à des exigences toujours plus sévères. On entend également parler des projets visant à se passer progressivement des carburants fossiles. Prenez par exemple les Pays-Bas où les autorités ont annoncé une ère sans gaz naturel. C’est une opportunité pour le ballon solaire. En effet, bien que l’investissement soit relativement élevé, c’est - de loin - la technologie la plus efficace en termes d’économies CO2.

Le tout-électrique demeure pour l’instant une utopie pour des projets de rénovation. On continuera par ailleurs de combiner gaz, réseau de chaleur et électricité. Les nouvelles constructions ouvrent la voie à des systèmes basse température (chauffage par le sol) et sont un environnement idéal pour une combinaison avec une pompe à chaleur. Il serait possible d’y jouer la carte du pur électrique et de satisfaire aux normes.

Vu sous cet angle, un ballon solaire est bel et bien l’avenir! L’heure est venue de le réhabiliter.

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