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Objectifs Energie 2020 trop ambitieuses? Mais pas du tout!


message de 14/04/2017

Le gouvernement flamand veut encourager ses citoyens à investir dans des panneaux solaires et des pompes à chaleur pour atteindre d’ici 2020 les objectifs en matière de production énergétique issue des énergies renouvelables. Que la Flandre mise sur l’énergie verte, rien à redire là-dessus. Mais il est tout aussi possible d’augmenter de manière considérable le pourcentage des énergies renouvelables en diminuant la consommation totale en énergie. Le remplacement de toutes les chaudières vétustes qui sont encore en place – un nombre gigantesque – se présente alors comme une opportunité formidable à saisir.

Sarie Verheye

PR & Communication marketeer

+32 3 286 85 50


Limiter le réchauffement de la planète constitue l’un des plus grands enjeux auxquels nous sommes confrontés. Depuis le protocole de Kyoto, l’Europe s’efforce d’atteindre ses objectifs: diminuer les émissions de gaz à effets de serre de 20% par rapport à l’année de référence 1990; réduire de 20% notre consommation d’énergie et produire 20% de notre énergie de manière durable. Avec l’accord de Paris conclu en octobre 2015, l’Europe va encore plus loin et impose d’ici 2030 une réduction de 40% des émissions de CO2 par rapport à 1990.

2020 nous paraît encore lointain mais en fait, on est à la veille de cette échéance. Les chiffres publiés sur klimaat.be (le site Internet fédéral avec des informations fiables sur le changement climatique) démontrent que notre pays n’atteindra probablement plus les objectifs fixés pour l’année 2017. L’opinion publique aussi se doute que ce soit encore faisable ; cela ressort d’une étude que nous avions commandée récemment. Serait-ce alors uniquement réalisable avec une attention accrue et des mesures incitatives pour les énergies renouvelables ? Ou bien, est-ce qu’il faut davantage mettre en évidence l’utilisation plus rationnelle de l’énergie et la diminution de notre consommation énergétique?

Label D = recalé

Cela nous ramène à l’ensemble résidentiel actuel, car pour les nouvelles constructions des règles très strictes ont déjà été imposées. En tant que secteur et en tant que gouvernement, l’accent doit prioritairement être mis sur le domaine de la rénovation et du remplacement. Selon l’association European Heating Industry l’Europe comptabilise à peu près 120 millions de chaudières installées. La plupart est énergivore et leur niveau d’émissions de CO2 est très élevé. Si l’on devrait leurs attribuer un label énergétique comme cela est obligatoire pour les nouvelles chaudières depuis septembre 2015, pas moins de 65% n’obtiendraient qu’un label C ou D ou pire. Est-ce que vous vous contenteriez encore d’un réfrigérateur label D chez vous le jour d’aujourd’hui ?

Pour le marché belge de l’immobilier qui compte 5,3 millions d’habitations (source: Euroconstruct) on obtient des chiffres semblables. A ce jour, 16% de ces habitations sont chauffés par des appareils indépendants (poêles), 12% via un chauffage collectif et 4% avec des systèmes comme le chauffage électrique ou le conditionnement d’air réversible. La biomasse et les pompes à chaleur ne valent chacune que pour 1%. Les 66% restants se chauffent donc avec une chaudière de chauffage individuelle (source: BRG Building Solutions 2016).

La part de ces chaudières de chauffage central qui ne sont pas encore à condensation est de presque 38%. Concrètement, cela veut dire qu’en Belgique, pas moins de 1.960.000 chaudières gaz et fioul sans condensation sont encore opérationnelles. Dans un monde idéal, toutes ces chaudières vétustes sont remplacées par des systèmes écologiques à énergie renouvelable comme des pompes à chaleur et des chauffe-eau solaires. Mais de un, le budget pour une telle installation n’est pas toujours disponible et de deux, ses systèmes ne sont pas toujours réalisable dans le cadre d’une rénovation.

Alors, qu’est-ce qui est réaliste?

Quelle pourrait être une approche réaliste pour atteindre les objectifs tout en gardant un équilibre entre ce qui est réalisable dans la pratique, ce qui est faisable financièrement et ce qui donne le meilleur résultat en termes d’efficacité énergétique et d’émissions de CO2? Qui a déjà avancé l’idée de remplacer les chaudières les plus polluantes ? Car cela peut se faire rapidement et donner un résultat à court terme. Sans problèmes administratifs ou de nuisances pour les voisins.

Chaque année, la chaudière sans condensation émet en moyenne une tonne de CO2 en plus que la chaudière à condensation. Un calcul rapide nous montre que pour l’ensemble des 1.960.000 chaudières cela représente potentiellement une réduction des émissions de CO2 de 1.960.000 tonnes. Si l’on compte que 66% de ces chaudières se trouvent en Flandre, cela représente l’équivalent de 1.300.000 tonnes de CO2. Ou d’un coup 10% des diminutions que la Flandre se doit d’atteindre d’ici 2030.

Une chaudière gaz à condensation consomme 25% à 35% moins d’énergie qu’une chaudière traditionnelle sans condensation. En remplaçant toutes les chaudières sans condensation par des équivalentes avec condensation, l’économie annuelle en énergie se situerait entre 11.400 et 16.000 GWh.

Est-ce beaucoup? C’est pas mal, si l’on compare avec par exemple la production électrique de notre pays. La production annuelle d’électricité de toutes les centrales nucléaires de la Belgique pour 2014 s’élevait à 32.110 GWh (source = FEBEG). Alors le potentiel d’économie lors du remplacement des chaudières par des versions à condensation représenterait donc l’équivalent de presque 50% de la production annuelle cumulée de toutes les centrales nucléaires de la Belgique. Qui ose encore parler d’une pénurie d’énergie? 

Le rôle du gouvernement

Voici le problème en cette matière: les gens ne savent souvent pas ce qu’ils ont comme chaudière chez eux à la maison et n’ont pas d’idée de la pollution occasionnée par celle-ci. L’âge moyen d’une chaudière en Belgique est de 24 ans ; ça en dit long. Dans le secteur automobile, on a presque atteint le statut d’ancêtre à cet âge !

Il incombe donc au gouvernement de sensibiliser la population à ce sujet. L’Allemagne est un bon exemple à suivre à cet égard. Là, toutes les chaudières, les récentes et les anciennes, doivent être inspectées. Le technicien de maintenance doit, moyennant une petite cotisation, apposer un autocollant avec le label énergétique de la chaudière lors de l’entretien annuel et remettre des informations quant aux alternatives possibles pour économiser davantage. D’une part, le consommateur est conscientisé du fait que sa chaudière est inefficace et d’un autre côté il apprend qu’il y a des alternatives et leur amortissement. Et en toute bonne gouvernance, on commence par l’étape où se situe le potentiel le plus élevé, n’est-ce pas?

Il est clair qu’il nous sera impossible d’atteindre les objectifs en matière d’environnement uniquement en remplaçant les chaudières défectueuses. Le gouvernement devra lancer des initiatives ; et que ce soit sous forme de primes ou de déductions fiscales, ce signal est indispensable. Il faut éviter une politique de chalumeau (qui s’enflamme et puis brusquement s’éteint) en favorisant telle ou telle technologie et qui occasionnera un scénario boom-burst (comme cela a été le cas par le passée avec les panneaux photovoltaïques : une fois que le subside était retiré, le marché s’est effondré). La communication concernant la fin des primes en 2011 a fortement diminué le taux de remplacements de chaudières. En même temps, les évolutions récentes en matière de tarification de l’électricité découragent la mise en œuvre de systèmes comme les pompes à chaleur. Pour l’instant, le consommateur ne sait donc plus à quoi se fier. Et donc, il reste paralysé.

En parallèle avec cette campagne de sensibilisation, le gouvernement pourrait éventuellement prendre un certain nombre de mesures concrètes. Des emprunts énergie, par exemple, pour lesquels la durée de remboursement est en lien direct avec l’économie d’énergie réalisé grâce à l’emprunt. Ou encore imposer une efficacité énergétique minimale pour les habitations en location afin d’obliger le locateur d’investir sans qu’il ne puisse reléguer le problème du coût énergétique au locataire socialement plus faible.

 Et entretemps continuer à espérer que le flamand moyen se rende compte de l’énorme potentiel d’économie que représente une chaudière efficace. Le consommateur est gagnant après quelques années de remboursement mais c’est surtout la nature qui en sortira gagnante pour plusieurs décennies...